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Script de vidéo explicative : la structure en trois temps, avec un exemple complet

Comment écrire le script d'une vidéo explicative pour un logiciel B2B : la structure problème, produit, résultat, les mots à compter, et un script complet de 60 secondes commenté scène par scène.

25 octobre 2026·9 min de lecture

Le script d'une vidéo explicative tient en 150 à 200 mots pour 60 secondes, et suit trois temps dans cet ordre : le problème vu par le spectateur, le produit en action, le résultat et l'action à faire. C'est le poste qui décide si la vidéo amène des demandes de démo ou pas, bien avant l'animation. Voici la structure, les règles de longueur, les erreurs qu'on retrouve dans presque tous les premiers jets, et un script complet pour un logiciel B2B, commenté scène par scène.

Pourquoi le script compte plus que l'animation

Une vidéo explicative bien animée sur un mauvais script fait une chose : elle rend l'incompréhension plus jolie. Le spectateur voit des écrans qui bougent, des flèches, un logo, et ferme l'onglet sans savoir ce que fait le logiciel.

Le script est le seul endroit où l'on décide de ce que le spectateur doit comprendre, et dans quel ordre. Tout le reste, storyboard, voix off, animation, exécute cette décision. C'est pour ça qu'un studio sérieux fait valider le script avant de dessiner une seule scène : une correction coûte dix minutes sur un script, une journée sur une animation.

La structure en trois temps

Temps 1 : le problème, dans les mots du spectateur (0 à 12 secondes)

Les premières secondes ne parlent pas du produit. Elles décrivent ce qui est pénible aujourd'hui, avec les mots que le spectateur emploierait lui-même. Pas « les entreprises font face à des défis de données », mais « vos commerciaux passent leur matinée à chercher qui appeler ».

Le test : si cette ouverture pouvait être lue par votre prospect à voix haute sans rougir, elle est juste. Si elle ressemble à votre page « À propos », elle est fausse.

Temps 2 : le produit en action (12 à 45 secondes)

Pas une liste de fonctionnalités : un parcours. Une demande entre, le produit la traite, le résultat sort. On suit une seule personne, un seul cas, du début à la fin.

La règle qui élimine le plus de mauvais scripts : une promesse par vidéo. Si le logiciel fait trois choses, la vidéo en montre une, celle qui déclenche la demande de démo. Les deux autres vivent dans la démo elle-même, ou dans une autre vidéo.

Temps 3 : le résultat et l'action (45 à 60 secondes)

Ce qui a changé pour le spectateur, en une phrase, au présent : « vos commerciaux appellent les bonnes personnes dès 9 h ». Puis une seule chose à faire, nommée exactement comme le bouton sur votre site : « Demandez une démo ». Pas « découvrez », pas « en savoir plus ».

Les règles de longueur

  • -45 secondes : 110 à 130 mots de voix off, 6 à 8 scènes.
  • -60 secondes : 150 à 200 mots, 8 à 10 scènes.
  • -90 secondes : 220 à 260 mots, 12 à 15 scènes.

Une voix off professionnelle lit environ 2,5 mots par seconde en français, posément. Un script de 60 secondes qui dépasse 200 mots sera lu trop vite, ou coupé. Dans les deux cas, le spectateur perd le fil.

Le compte des scènes vient d'une autre contrainte : chaque scène doit rester à l'écran assez longtemps pour être lue. En dessous de 4 secondes, l'œil ne fixe rien.

Les cinq erreurs des premiers jets

  • -Commencer par le produit. « Acme est la plateforme qui... » Le spectateur n'a aucune raison de s'y intéresser encore. Le problème d'abord.
  • -Empiler les fonctionnalités. Chaque fonctionnalité de plus divise l'attention. Le spectateur retient une chose, ou rien.
  • -Parler de soi. « Nous avons développé », « notre technologie », « nous sommes fiers ». La vidéo parle au spectateur de sa journée, pas de la vôtre.
  • -Le jargon de la page produit. « Orchestration », « plateforme unifiée », « écosystème ». Si un mot ne s'entend pas dans une conversation avec un client, il ne va pas dans le script.
  • -Terminer sans action. Une vidéo qui finit sur le logo laisse le spectateur seul. Il faut lui dire quoi faire, et une seule chose.

Un script complet, commenté

Le cas : un logiciel de planification pour les équipes de maintenance industrielle. La promesse retenue : les interventions se planifient toutes seules à partir des alertes machines. Durée : 60 secondes, 178 mots. Pour chaque scène, ce qu'on voit, ce qu'on entend, et pourquoi.

Scène 1, 0 à 5 secondes. À l'image : un tableau blanc couvert de post-it, une main qui en déplace un. Voix off : « Chaque lundi, votre responsable maintenance passe deux heures à replanifier la semaine. » Le problème, concret, chiffré, dans une image que l'équipe reconnaît. On ne dit pas encore le nom du produit.

Scène 2, 5 à 12 secondes. À l'image : une alerte apparaît sur un écran, un technicien lève les yeux. Voix off : « Parce qu'entre-temps, trois machines ont envoyé une alerte, deux techniciens ont changé de site, et personne n'a vu la panne qui venait. » L'agitation : ce que le problème coûte. Trois faits, pas d'adjectif.

Scène 3, 12 à 18 secondes. À l'image : l'interface apparaît, épurée, un planning qui se remplit seul. Voix off : « Avec Acme, les alertes de vos machines deviennent des interventions planifiées, sans que personne ne touche au tableau. » Première apparition du produit, par ce qu'il fait, pas par ce qu'il est.

Scène 4, 18 à 27 secondes. À l'image : une alerte entre à gauche, traverse l'écran, devient un créneau dans le planning d'un technicien. Voix off : « Une alerte arrive. Acme lit la criticité, trouve le technicien qualifié le plus proche, et place l'intervention dans son créneau libre. » Le parcours : entrée, traitement, sortie. Une seule donnée suivie d'un bout à l'autre.

Scène 5, 27 à 36 secondes. À l'image : le téléphone du technicien vibre, il voit l'ordre de mission, avec la pièce à emporter. Voix off : « Le technicien reçoit la mission sur son téléphone, avec la pièce à prendre et l'historique de la machine. » On reste sur la même intervention. On ne montre pas une autre fonctionnalité, on continue l'histoire.

Scène 6, 36 à 45 secondes. À l'image : retour au planning, un imprévu arrive, deux créneaux se réorganisent seuls. Voix off : « Un imprévu ? Le planning se réorganise, et chacun est prévenu. » La fonctionnalité secondaire n'arrive qu'en prolongement de l'histoire principale.

Scène 7, 45 à 53 secondes. À l'image : le responsable maintenance, lundi matin, un café, le planning déjà rempli. Voix off : « Le lundi, votre responsable maintenance ouvre un planning déjà fait. Et les pannes qu'on voyait venir ne viennent plus. » Le résultat, en miroir exact de la scène 1. Même personne, même jour, situation inversée.

Scène 8, 53 à 60 secondes. À l'image : logo, bouton « Demander une démo ». Voix off : « Acme. Demandez une démo, on planifie votre première semaine avec vous. » Une seule action, nommée comme le bouton du site. La promesse de la démo est concrète.

Ce qui n'est pas dans ce script : le nom des modules, le nombre d'intégrations, le prix, la technologie. Tout ça appartient à la démo. La vidéo a un seul travail : que le spectateur comprenne ce qui change pour lui, et demande la suite.

Du script au storyboard

Une fois le script validé, chaque paragraphe devient une scène dessinée, avec sa durée. C'est le storyboard, et c'est la deuxième validation avant l'animation. Chez Vizmo Design, le script arrive à J+2 après le brief, le storyboard à J+5, et chaque étape a trois tours de révisions.

Pour voir ce que donne cette structure sur de vrais logiciels, les réalisations montrent le résultat sur une plateforme d'IA, une base de données B2B ou une infrastructure technique.

Questions fréquentes

Faut-il écrire le script soi-même ou le confier au studio ?

Le studio l'écrit à partir de votre brief, et vous le validez. Vous connaissez le produit ; le studio connaît l'ordre dans lequel un spectateur comprend. Un script écrit en interne arrive presque toujours avec les cinq erreurs ci-dessus, parce qu'on connaît trop son produit pour voir ce qui n'est pas évident.

Combien de mots pour 90 secondes ?

220 à 260. Les 30 secondes de plus servent à montrer un parcours complet dans le logiciel, pas à ajouter une deuxième promesse.

Peut-on réutiliser le script pour la page d'accueil ?

Oui, et c'est souvent le meilleur test : si le temps 1 fonctionne comme titre de votre page, il fonctionnera en ouverture de vidéo.

Et si mon logiciel a plusieurs cibles ?

Une vidéo par cible. Deux cibles, c'est deux problèmes, donc deux ouvertures, donc deux scripts.

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